26 OKTOB 2010 : TOUS EN GREVE !

  • le 26/10/2010
  • Guadeloupe, Guyane, Martinique
  • Tout à gagner
  • Durée : Non connue

26 OCTOBRE,

 

 VIVE LA GRÈVE


EN MARTINIQUE, GUADELOUPE, GUYANE !

 

                                    

   Au moment où nous écrivons ces lignes, la France vit une lutte majeure. 

   En France : woulo pou lé travayè é la jénès! 

 D

'un coté Sarkozy et ses copains-copines de la grande Pwofitasyon. De l'autre les classes populaires cherchant à se défendre contre des attaques scélérates dont la question des retraites est l'exemple emblématique. Aujourd'hui la grève reconductible, encore partielle, n'est déjà plus un simple slogan. La mobilisation lycéenne/étudiante quant à elle est une réalité. La peur change de camp ! L'espoir passe du côté du peuple !

    Dans les sondages, dans la rue, dans les entreprises, dans les lycées et universités, sur les routes, dans les ports, la France populaire dit non !

    Les atermoiements des chefs des syndicats majoritaires ont fait perdre un temps précieux. Aujourd'hui encore ils font tout pour éviter la confrontation décisive mais les forces les plus combatives n'ont pas dit leur dernier mot.  Nous sommes à leurs côtés. Nous regrettons que le mouvement ouvrier antillais n'ait pas su se saisir hardiment de l'occasion pour frapper ensemble. Nous étions dans la rue le 7, le 23 septembre, le 12 octobre mais pas assez nombreux/ses ! Tenons-nous prêt-e-s à reprendre la mobilisation avant le 26 octobre ! Appelons  le mouvement  syndical  à le  faire !

 

26 octobre : Frappons ensemble, le plus fort possible ! 

En tout état de cause le 26 il faut répondre à l'appel des intersyndicales, du LKP, du K5F, de l'UTG et faire entendre puissamment la voix des travailleurs et des peuples de nos pays. Cet appel commun traduit la communauté de nos problèmes et la solidarité de nos luttes. Les manœuvres de division de nos peuples, vieilles de plusieurs siècles, prennent de moins en moins.

 Faisons du 26  un nouveau départ pour une lutte coordonnée au niveau des trois pays.

 Nous mettrons ainsi le maximum de chances de notre côté. Nous pourrons alors passer de la résistance indispensable de maintenant à des offensives communes pour gagner de vraies avancées dans notre combat pour l'émancipation.

 fok nou pran labitid frapé ansanm !

Si  nou lé respé, fok nou doubout ! 

    Tout jé sé jé mé annou gadé :

Quand nous étions des dizaines de milliers de femmes et d'hommes dans la rue, on nous a  promis: la discussion d'une loi pour une allocation d'autonomie des jeunes pour la formation et l'accès à l'emploi , l' étude de la revendication d'augmentation de tous les minima sociaux, une loi pour la reconnaissance du fait syndical martiniquais, la mise en place de moyens réels de surveillance des prix, la poursuite des négociations sur les prix des pièces autos, des matériaux de construction, des services, la priorité d'emploi, la formation, la titularisation des enseignants originaires et des personnels non titulaires de l'Education Nationale.

Sur tous ces points, l'absence de réponse et la disparition de l'Etat relèvent du mépris pur et simple pour les manifestantes et manifestants de février/mars 2009.

I lè pou fè yo konprann. Fodè yo ké respekté nou ! 

Car les problèmes qui nous ont, hommes et femmes, jetés dans la rue, sont toujours là.

Poch nou vid, do nou plen ! 

   Nou bon épi sa ! La vie chère a repris de plus belle ! Tout est trop cher ! Un logement décent coûte ...le smic ! Manger sainement coûte une fortune. La santé est souvent une marchandise hors de prix. Se transporter est une galère  en temps, en argent, en stress, en qualité de l'environnement. Se distraire est un luxe pour privilégié-e-s. La pwofitasiyon est à tous les étages! 

Les 200 euros de vie chère qui ont été obtenus pour les bas salaires ne sont même pas appliqués correctement et à tous les ayant droits ; aujourd'hui, leur maintien est menacé dans toutes les composantes.

Cette bouffée d'oxygène pour quelques dizaines de milliers d'entre nous est rognée par les attaques de Sarkozy : remboursement des médicaments diminué, perte de la CMU pour beaucoup, reprise des hausses de carburants, des produits de consommation courante, des loyers, du prix de l'eau ..;

La précarité, le chômage, les licenciements (ATV, Karibéa, Sunsail, Hexagone…), l'exclusion et donc la délinquance progressent. Si rien n'est fait, ça va péter et autrement qu'en février 2009 ! Car, tout le monde ressent bien que pour résoudre ces problèmes, il faut une autre répartition des richesses en Martinique, en France  et dans le Monde.

Scandalisé en paroles par l'apartheid qui réserve tous les postes importants aux"Français de souche"- pour parler comme eux-, Sarkozy a promis une "antillanisation" .Mais plus ça change en paroles, plus c'est pareil dans la réalité ! Même les chefs d'établissements scolaires ont un profil de ...chefs d'établissements français à l'étranger !

 

Dans leurs institutions, les élu-e-s sont dépassés !  

   Dans la population, la colère n'épargne pas les élu-e-s. On leur dit, avec raison : " votre rôle n'est pas d'aller jouer aux saltimbanques avec El diablo "! ou encore : "assez de ronds de jambes devant ces  ministres et ministresses en ballades de deux ou trois heures pour faire croire qu'ils "se penchent" sur nos problèmes ! Répondez à leur mépris par de vigoureuses interpellations quand ils viennent chez nous ! Secouez les au lieu rivaliser en gâteries comme pour les supplier de donner à celui-ci ou à celle-là la préférence face au concurrent d'à côté "

Pour retrouver leur dignité, il n'y a qu'une solution pour les élu-e-s : se mettre carrément avec le peuple, descendre dans la rue, kasé kod avec le cirque du système, impliquer le peuple lui-même dans tous les débats au lieu de les confisquer dans leur congrès qui est tout sauf l'assemblée constituante par laquelle tous les peuples du monde passent pour déterminer les institutions de leur choix !

 

Le rôle des militant-e-s du combat pour l’émancipation.

 Notre rôle immédiat c'est de tout faire pour assurer le succès du 26 octobre.

   En étant des milliers dans la rue, nous rétablirons  les conditions pour poser nos problèmes avec une force nouvelle. Nous rendrons possible et crédible une nouvelle réflexion pour l'actualisation de notre plateforme de lutte. L'heure est à la résistance mais aussi à  l'approfondissement de nos axes de luttes, au renforcement des instruments unitaires que nous avons créés : l'intersyndicale, le K5F qui ont vocation à rassembler, à fédérer pour les nombreux combats à mener.

   Brisons les murailles de Chine que certains mettent devant le mouvement social pour l'empêcher de faire irruption sur la scène où se règlent les destinées de la population !  Consolidons les liens entre les trois pays en lutte ! Cherchons sans complexe  la coordination avec les vrais progressistes de France ! Situons-nous résolument dans le grand combat des peuples !  Refusons avec eux de payer les pots cassés de la crise capitaliste ! Engageons ouvertement la lutte pour un monde sans oppression, sans exploitation c’est à dire orienté vers le socialisme, la sauvegarde de l'environnement, l'émancipation des femmes, la solidarité entre les peuples, l'éradication du racisme, de l'obscurantisme, du caporalisme bureaucratique !

ANNOU PA PÈ,  SÉ POU LA VIKTWA NOU KA ALÉ !

 

                                                           Groupe Révolution Socialiste.  Fort-de-France le 17 octobre 2010.

Philippe Pierre-Charles 05 96 64 28 69, revolutionsocialiste.com

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