5O ANS APRES DECEMBBRE 59, OU EST PASSEE L'AUDACE ?

Version:1.0 StartHTML:0000000258 EndHTML:0000012849 StartFragment:0000002538 EndFragment:0000012813 SourceURL:file://localhost/Users/maxrustal/Desktop/5O%20ANS%20APRES%20DECEMBBRE%2059%20et%2038%20ANS%20APRES%20LA%20CONVENTION%20DU%20MORNE%20ROUGE.doc

5O ANS APRES DECEMBBRE 59 et 38 ANS

 

APRES LA CONVENTION DU MORNE ROUGE,

                       

ASSEZ DE RECULS  !  AVANCONS !

 

 

 

Il y a 5O ans, trois jours d'émeute foyalaise obligèrent la Martinique officielle à chercher, au delà des circonstances anecdotiques, la vraie cause du malaise et à proposer des réponses à la fois politiques et sociales. Le Conseil général de l'époque, sorte d'assemblée unique dominée par la droite, n'hésita pas à proposer une manière d'autonomie avant la lettre. La lecture de la motion ci-dessous reste fort instructive. Nous y relevons qu'en plus de cette exigence de pouvoirs locaux, il y a des revendications sociales sur les salaires, le coût de la vie (électricité), l'indemnisation des chômeurs, la baisse des impôts sur les moins fortuné-e-s, et des revendications économiques (formation, crédits pour l'Ecole,créations d'industries, politique de grands travaux.


On ne sait ce qui est le plus frappant:l'actualité de ce programme ou le recul affligeant de nos responsables politiques majoritaires! Aujourd'hui ils réclament "le 73 et le 74" mais pas un mot sur la transformation sociale et l'initiative économique pour le peuple ! Malgré la leçon donnée par le grand mouvement de février/mars, ils réduisent le problème à la seule question des "institutions" comme s'ils voulaient donner au peuple le sentiment que seul leurs propres pouvoirs les intéressent. Mais avec les masses nous réclamons :


Oui un pouvoir nouveau, oui un pouvoir de décider sur place mais un pouvoir pour CHANGER LA VIE ET NON CHANGER DE MAITRES ! Cela veut dire que les 73 istes et les 74 istes n'entraîneront personne s'ils ne mettent pas à l'ordre du jour la transformation sociale, l'abolition de la Pwofitasyion,le contrôle populaires sur les institutions politiques,ce qui est totalement absent de leurs politiques.


On nous dira qu'en 59, l'émeute grondait. D'accord ! Mais en 1971 ? Il n'y avait eu aucune émeute. Simplement, un raz-de-marée électoral des démocrates. Et il y eut la Convention du Morne Rouge ou les forces de gauche des dernières colonies, pas spécialement extrémistes, réclamèrent non seulement l'autonomie mais aussi des Assemblées Constituantes dans chaque

pays pour rédiger des statuts les négocier ensuite et les soumettre enfin au verdict populaire.Mais surtout les PCM et PPM de l'époque réclamaient dans le même temps des mesures radicales comme la réforme agraire,le contrôle du commerce extérieur et même la collectivisations des grands moyens de production.


Où est donc passée cette audace ? Comment des grands "patriotes" comme Marie-Jeanne osent-ils vilipender aujourd'hui celles et ceux qui aujourd'hui réclament que l'on reprenne le souffle de ces combats d'hier ? Comment osent-ils dénoncer la lutte de février/mars qui justement recréent des conditions pour être plus exigeants, moins timorés à une époque ou précisément la crise mondiale du système dominant commande que nous sortions des sentiers battus, du replâtrage sans envergure ni efficacité du social-libéralisme ou de la social-démocratie ?

 

Non aujourd'hui, commémorer Décembre 59 sans récupérer un peu du souffle contestataire qui en est résulté ne serait qu'une inconséquence de plus. Evitons !

 

Voici donc le texte de la motion

>

> R E P U B L I Q U E   F R A N C A I S E

> LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE

> _____

> PREFECTURE DE LA MARTINIQUE

> CONSEIL GENERAL

> EXTRAIT DES DELIBERATIONS

> _____________

> M O T I O N

> __

> LE CONSEIL GENERAL DE LA MARTINIQUE, réuni en son hôtel en session extraordinaire le 24 DECEMBRE 1959,

> A l'occasion de graves évènements qui se sont déroulés depuis le 20

> décembre à Fort-de-France, a voté à l'unanimité la motion suivante :

> PROTESTE contre la répression brutale exercée par les C.R.S. et les forces

> de police, répression qui a causé la mort de quatre personnes et fait de

> nombreux blessés parmi les civils;

> S'INCLINE devant les victimes innocentes et s'engage à indemniser leurs

> malheureuses familles ;

> ESTIME que les manifestations puissantes et spontanées qui ont

> mis en mouvement les milliers de Martiniquais et surtout les jeunes sont les preuves d'un mécontentement profond du peuple martiniquais. Ce mécontentement a pour cause l'arrogance et le racisme déclaré de certains métropolitains, la brutalité des C.R.S.  qui sont unanimement détestés.

> Ces manifestations sont également une protestation contre la misère généralisée, les bas salaires, le chômage massif qui frappe surtout les jeunes, les impôts excessifs, la non-satisfaction des promesses faites par les Gouvernement;

> Elles sont également la conséquence du marasme économique qui ruine la production industrielle, artisanale et agricole;

> CONSIDERE qu'il convient également d'éviter l'extension de telles manifestations à travers le pays.

> En conséquence, le CONSEIL GENERAL DEMANDE:

> 1°/ Le retrait immédiat de tous les C.R.S. et des éléments racistes

> indésirables ;

> 2°/ La libération immédiate de tous les Martiniquais emprisonnés à

> l'occasion de ces derniers incidents ;

> 3°/ Application du S.M.I.G. sans abattement de zone ;

> 4°/ L'abandon du projet gouvernemental d'introduire à la Martinique pour

> la prochaine récolte des milliers de travailleurs étrangers, mesure qui aggraverait le chômage et serait une véritable provocation à la misère des couches laborieuses;

> 5°/ La réduction sensible des impôts qui frappent les petites gens, artisans, petits commerçants, fonctionnaires, etc.

> 6°/ Des mesures immédiates pour lutter contre le chômage:

>    a) création, dans les plus bref délais, d'une caisse de secours aux

> chômeurs alimentée par les fonds d'État,

>    b) Installation d'industries nouvelles et de chantiers de grands travaux

> d'équipement, par la création d'un fonds social d'investissement géré par le

> Conseil Général ;

>

> 7°/ Extension de tous les avantages de la Sécurité Sociale et

> l'application intégrale du régime des prestations et allocations familiales ;

> 8°/ La diminution du prix de l'électricité ;

> 9°/ Création d'urgence de centres d'apprentissage et d'écoles professionnelles et attribution de crédits plus importants à l'école publique.

> 10°/ Que des conversations soient entamées immédiatement entre les représentants qualifiés des Martiniquais et le Gouvernement pour modifier

> le Statut de la Martinique en vue d'obtenir une plus grande participation à

> la gestion des affaires martiniquaises ./.

>

> Ainsi délibéré et adopté en séance publique du CONSEIL GENERAL le JEUDI 24

> DECEMBRE 1959

>

>

>

>

>

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau