12 JANVIER, L'ANNIVERSAIRE D'UN JOUR SOMBRE

12 JANVIER, L’ANNIVERSAIRE D’UN JOUR SOMBRE

 

Le séisme de force majeure qui a fait à peu près 250 000 morts, 350 000 blessés et un million et demi de sinistrés en Haïti n'a pas fini de ravager un pays déjà exsangue. L'épidémie attendue de choléra a déjà tué près de 4 000 personnes tandis que 300 000 au moins sont atteintes et en cours de traitement. Toutes les conditions sont présentes pour qu'elle continue d’exterminer les plus exposés.

De fait, les discours pernicieux ou imbéciles sur la prétendue «malédiction» frappant les enfants de Toussaint Louverture et de Dessalina Congo coupables d'avoir terrassé l'armée raciste et esclavagiste de Napoléon premier cachent des vérités simples.

La première c'est que le tremblement de terre du 12 janvier dernier n'a surpris que ceux qui ont préféré la politique de l'autruche. Les prévisions les plus alarmantes étaient bien connues, par les scientifiques comme par les plus hautes autorités d'Haïti comme du monde entier. Aucune mesure n'a été prise pour éviter une tragédie frappant massivement les populations dans un périmètre géographique parfaitement cadré.

La seconde, c'est qu'à une écrasante majorité, les victimes se comptent dans la population défavorisée, même si le hasard a surpris telle ou telle personnalité de condition modeste ou bourgeoise. De toute évidence, l'épidémie sévissant actuellement se circonscrit principalement dans les camps de sinistrés où les mêmes misérables se retrouvent fatalement, incapables de reconstruire par leurs propres moyens et ne pouvant compter ni sur un Etat dont l'impuissance est notoire.

La troisième, c'est que l'aide internationale qui ne saurait se résumer au versement de la dizaine de milliards de dollars promise, est restée en grande partie lettre morte. Les vaines gesticulations d'un Sarkozy, pour ne prendre que l'exemple de l'exhibitionnisme le plus malséant, ne se sont traduites ni en argent, ni en industrie. Les aides les plus concrètes restent celles d'une multitude d'ONG laïques ou religieuses, et de quelques pays de la zone caraïbe (comme Cuba ou le Venezuela). Cet éparpillement de l'aide fait aussi sa faible efficacité même si elle est précieuse pour ceux qui en bénéficient ponctuellement.

Enfin, la république d’Haïti, victime expiatoire des impérialismes français et étasuniens notamment, complices de toutes les dictatures et de toutes les corruptions, n’avait pas besoin du cataclysme du 12 janvier dernier pour mériter l’aide internationale : deux actifs sur trois sont au chômage, un sur deux ne sait ni lire ni écrire, huit sur dix vivent avec moins de un euro et demi par jour, l’eau courante est un luxe réservé aux élites sociales. C’est dire que le drame n’est pas une nouveauté pour les masses haïtiennes réagissant avec toute la dignité possible dans la situation d’exception qui est la leur.

Devant les réelles réticences des grandes puissances, plus pressées d’accorder leurs soutiens à la pieuvre bancaire qu’aux victimes de catastrophes, il est clair que seules les peuples peuvent contraindre à la solidarité leurs gouvernements, pour que l’aide devienne autre chose que du vent.

 

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Commentaires (2)

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