MORT DE RODNEY KING

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MORT DE RODNEY G. KING

 

   Le 3 mars 1991, un noir américain âgé de 26 ans, Rodney Glen King, est victime de brutalités policière d’une violence inouïe. En effet, se trouvant au volant d’un véhicule en compagnie de deux autres passagers et passablement ivre, King (déjà sous le coup d’une condamnation) refuse de se laisser contrôler à la suite d’un excès de vitesse. Sorti finalement de l’habitacle, il est cerné par quatre policiers de Los Angeles (LAPD). Bientôt assistés par d’importants renforts, ils utiliseront matraques et coups de pied pour venir à bout de la résistance du jeune homme déjà jeté au sol par des décharges électriques de 50 000 volts.

En définitive, Rodney King a reçu en plus de deux décharges de taser, cinquante-six coups de matraque et six coups de pied occasionnant de nombreuses lésions dont deux fractures (mâchoire et cheville droite) ; après quoi il est menotté, attaché, traîné sur le bord de la route et jeté dans une ambulance qui le conduira à l’hôpital. La vingtaine de policiers arrivée à bord de voitures et d’un hélicoptère a assisté à la scène sans tenter le moindre geste de modération.

   Mais le hasard fait que ce passage à tabac a un témoin inopiné, George Holliday, caméraman amateur qui enregistre de loin l’essentiel de cette confrontation pour le moins disproportionnée. La vidéo tirée de ce fait divers fera le tour de la planète en quelques jours et provoquera une réprobation générale.

   Pourtant, le 29 avril 1992, le tribunal de Simi valley, après sept jours de délibération d’un jury ne comportant aucun noir, acquittera les quatre policiers pourtant clairement identifiés comme ayant joué un rôle principal dans cette scène d’une sauvagerie sans retenue.

C’est sans aucun doute ce verdict scandaleux qui est à l’origine des troubles qui embrasèrent immédiatement Los Angeles d’abord, puis plusieurs grandes villes des côtes Est (New York, Philadelphie et Atlanta) et Ouest (Seattle, Oakland, San Francisco, Las Vegas et San Diego) durant six jours. Bilan : une soixantaine de morts, des centaines de blessés, plus d’un millier d’immeubles incendiés, plus de quatre mille arrestations parmi des populations afro et latino-américaines traquées par la LAPD aidée de l’armée ainsi que de la garde nationale. Les dégâts matériels impressionnants sont évalués à environ un milliard de dollars.

En mars 1993, un tribunal fédéral condamne deux des quatre policiers à 30 mois de prison tandis que les deux autres sont relaxés. La ville de Los Angeles est condamnée à verser 3,8 millions de dollars à King qui, peu soucieux d’être considéré comme un symbole, et encore moins un héros, n’améliora guère sa conduite et demeura jusqu’à la fin un chauffard souvent sous l’emprise de l’alcool et de la drogue.

Il n’empêche, indépendamment de la volonté et de la personnalité d’un « bad boy », le nom Rodney King restera, au-delà de sa mort à quarante-sept, inséparable de la lutte contre l’arbitraire policier, principalement à l’endroit des populations afro-américaines. D’aucuns ont choisi de croire que l’intégration des minorités dans la société étasunienne était chose faite, l’œil indiscret d’une caméra associé à une parodie de justice a montré qu’il n’en était rien et que les braises de la révolte raciale conservaient encore assez de chaleur pour allumer le brasier social dévastateur. L’actualité contemporaine montre que vingt ans après, on en est pas si loin que ça. Et qui pourra affirmer sans mauvaise conscience que Rodney King n’a pas été victime en juin dernier, d’un meurtre à retardement commis à son encontre, une vingtaine d’années plus tôt ?

M. Rustal

 

 

 

 

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