SCANDALEUX VERDICT DE CRÉTEIL


 

Union des Femmes de la Martinique le 14 octobre 2012

 

COMMUNIQUÉ


L’union des femmes de la Martinique a appris avec consternation le verdict du procès de Créteil du 11 octobre 2012, dans lequel  des agresseurs accusés de viol ont été acquittés. Ce verdict est inadmissible, il semble dire aux victimes : « Porter plainte ne sert à rien », et aux violeurs : « Vous pouvez continuer, vous ne serez pas condamnés ou si peu » !

 

Chez nous, en Martinique, chaque année,  plus de 60 % des procès d'assises   traitent de cas de viols, d’incestes, sans compter tous ceux jugés en correctionnelle. Et pourtant le viol reste tabou. Les femmes violées sont nombreuses à avoir du mal à se livrer, à dénoncer cette agression, davantage encore à porter plainte. Car les viols brisent les femmes, provoquent des traumatismes durables ; si la réponse de la société n’est pas à la hauteur du crime, ils conduisent souvent à des tentatives de suicide. On connaît les remarques sexistes habituelles « I biyen chèchéy » « Vous avez vu comment elle était habillée »...  On sait aussi que la parole des victimes est tronquée. Tout ce contexte traduit la tolérance, la banalisation, le laxisme de notre société vis-à-vis de l'ensemble des violences faites aux femmes. Le viol est à la fois le signe, l’instrument et le résultat d'une volonté de domination extrême des hommes sur les femmes, au travers du corps de celles-ci qui persistent dans notre société.

 

Il est insupportable que le discours public (médias ou autre)  continue à parler de   « tournantes », au lieu de dire « viols en réunion »  lesquels sont reconnus comme crimes.

 

Les lois en vigueur doivent être appliquées et renforcées par de nouvelles dispositions législatives :

- Extension de l’ordonnance de protection aux victimes de viol ;

- Formation spécialisée de l'ensemble des professionnels (social, éducation, santé, justice...)  

- Accompagnement spécifique des victimes (écoute, soutien, hébergement, protection, suivi médical...) 

- Moyens accordés aux associations afin qu'elles puissent remplir leur mission, qui pallie la carence d'un service public spécialisé. 

- Multiplication de campagnes de prévention pour tous les publics, en particulier les jeunes. 

L'UFM refuse que les victimes de viol soient stigmatisées, culpabilisées, accusées de mensonge, de manipulation, de mythomanie... Leur parole doit être respectée et prise en compte. La honte doit peser sur les violeurs, pas sur les victimes ! Ils doivent être jugés et condamnés à la hauteur de la gravité de leur crime. 

Toutes les violences faites aux femmes doivent être considérées et traitées avec  l'importance, le respect, la dignité et l'équité   qui sont dus à celles-ci.

 

 

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