LECLERC EST-IL LA SOLUTION ?

LECLERC EST-IL LA SOLUTION ?

   Certains ont ironisé sur la fièvre qui s’est emparée des foules de consommateurs/trices lors de l’inauguration des magasins Leclerc ! 

   C’est ne pas comprendre, en régime capitaliste, c’est à dire sous le règne de la marchandise, les jeux croisés de l’aliénation et des illusions collectives avec celui bien réel du poids de la publicité comme moteur pour le profit.

   En effet, pourquoi donc en général les capitalistes consacreraient-ils des budgets aussi  colossaux pour la publicité, si en retour, ils n’attendaient pas qu’elle agglutine les masses devant leurs portes, comme on a pu le voir devant les différentes enseignes Leclerc le 8 octobre? D’autant que la population en question était déjà ultra-sensibilisée à la question du coût de la vie, après une lutte de 38 jours, et que, l’image de Leclerc est associée aux prix bas !

   Au diable donc tous les censeurs du peuple, même si la critique de la consommation irraisonnée et aliénée reste nécessaire.

   Leclerc - comme bon nombre de capitalistes - sait utiliser au mieux chaque période et chaque espace pour faire valoir ses intérêts. En l’occurrence ici, février-mars 2009 lui a ouvert la brèche dans laquelle il s’est engouffré - avec la couverture du groupe capitaliste local Lancry -  pour venir prendre ici  quelques parts du marché de la grande distribution en exploitant le souvenir encore frais de la lutte de 2009, logos du K5F à l’appui.

    On le sait bien, en régime capitaliste, la logique du profit s’impose dans la distribution comme ailleurs.

    Mais l’occasion appelle quelques réflexions élémentaires:

   1. Tous les détracteurs du mouvement de 2009 devraient vite la boucler: Les baisses constatées sur une série de produits prouvent à l’évidence - Leclerc n’étant pas un philanthrope et ne travaillant pour nos beaux yeux - que les prix pratiqués sur le marché par ses concurrents, relèvent de la pure pwofitation.

Nous pensons malheureusement aussi à certain-e-s salarié-e-s cherchant toutes sortes d’excuses à leur profiteurs de patrons ! Tous ceux qui à l’époque criaient que 20% de baisse sur 400 articles, c’était le maximum possible, et qu’il fallait donc arrêter la grève à peine commencée.

   2.On est encore loin du compte en matière de baisse. Leclerc le reconnaît lui-même puisqu’il promet de faire mieux. Sa limite logique n’est pas le moins cher possible, mais plutôt moins cher que les autres. Le seul effet d’une baisse de ses prix sera l’alignement des autres sur les siens, ou leur marginalisation.

   3. L’essentiel est de ne pas sombrer dans l’illusion naïve. On connaît la méthode de la baisse comme moyen de prendre une part du marché avant une hausse ultérieure. La vigilance dans la durée est indispensable, avec la mobilisation à la clef.

Le K5F a raison de continuer les opérations de vérification sur le terrain.

   4.On se demande pourquoi les élus sont incapables de solutions innovantes comme l’appui et le soutien à des centrales publiques d’achat ainsi que l’exigence - avec d’autres - d’ouverture des livres de comptes de tous les opérateurs pour mettre le nez de la population dans leurs affaires !

   Bref, le seul superviseur qui imposera les prix bas, c’est le peuple mobilisé !                M.D

 

 

   TOUJOUR BON A SAVOIR...

Plusieurs choses expliquent que Leclerc se retrouve leader sur la marché de la grande distribution alimentaire. D’abord, une stratégie de «prix bas tous les jours» (EDLP - every day low prices) lui permettant de capter une majorité de la clientèle ; ensuite, son statut de coopérative le faisant percevoir, aux yeux du consommateur, comme plus sympathique que les sociétés commerciale capitalistes classiques ; et puis, une initiative comme la création du «comparateur de prix», attaquée en justice par son challenger Carrefour, a été fort populaire en son temps.

   Mais si le groupe qui a cédé son enseigne familiale aux adhérents provoque un tel engouement, il n’en demeure pas moins un collectif d’entrepreneurs capitalistes assoiffés de plus-value et prisonniers de l’étau de la concurrence. A preuve, Leclerc a été récemment condamné à payer 23 millions d’euros à des fournisseurs en compensation de marges-arrières abusives qu’il leurs a imposées. Mais, paralysés par la crainte de perdre leur référencement, bien peu auront l’audace  de réclamer le paiement des sommes auxquelles ils ont légalement droit. Toujours bon à savoir pour les petits fournisseurs locaux.

   Autre chose à ne pas négliger : Leclerc est aussi un gros employeur. La masse salariale étant, après le coût d’achat des marchandises, une composante essentielle des coûts de revient, grande est la tentation de réduire celle-ci par les artifices classiques accentuant la flexibilité. Les employés qui ne sont nullement adhérents de la coopérative seraient bien avisés de garder les yeux ouverts.

                                                                                                                                                                                                                              CMH

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